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Histoire militaire

Fort Point

Three Gun BatteryLa première fortification militaire à Trinity située plus précisément au lieudit Admiral’s Point, appelé aujourd’hui Fort Point, date de 1744. Une batterie de canons de vingt-quatre livres était déployée stratégiquement pour assurer la défense de l’entrée du port et des passes marines. Une autre batterie de quatre canons de six livres assurait celle de la grève afin de prévenir une attaque par l’arrière de la position. En 1748, des améliorations ont été apportées sous forme de parapets rivetés, un entrepôt et une poudrière, position protégée au nord-ouest par un pas de tir pour mousquets. Les parapets étaient disposés de façon à couvrir tous les angles de la plage susceptibles de permettre l’amarrage de petits vaisseaux. Les parapets sont des murets crénelés offrant une protection aux batteries du fort tout en leur permettant de tirer par les ouvertures. Ils sont installés de façon à surplomber les meilleurs espaces d’amarrage pour mieux protéger les fortifications (tiré de Aspects of the History of Trinity, par le révérend Edmund Hunt, page 48).

Durant les premières années d’opération du fort, un baraquement permettait de loger une garnison composée d’un officier et d’autres membres réguliers de l’artillerie royale. Selon l’ouvrage de Hunt, la garnison comprenait un officier et 15 hommes. Une autre source, un écrit du lieutenant Griffith Williams daté de 1765 affirme que… « de 1745 à 1750…les sites de Feriland, Carbonier etTrinity Harbour disposent chacun d’un officier d’artillerie (commandant) de 18 à 20 hommes et d’un officier d’infanterie avec 30 soldats. On retrouvait aussi quelque 200 armes légères à chaque emplacement, pour l’usage des résidents » (selon Encyclopedia of Newfoundland and Labrador CD, Fort Point). Cela démontre que tant les forces armées que la marine britannique marquent un grand intérêt pour Trinity Harbour et les autres sites en raison de leur importance pour le commerce et l’approvisionnement. Des forces françaises ont précédemment attaqué Trinity. Alors que le port n’était pas encore considéré d’une importance significative pour le commerce, il n’abritait que des bateaux de pêche et leur équipage en bonne saison. Quand Pierre Le Moyne d’Iberville déclencha une attaque sur le site Old Perlican en 1697, cela incita les marchands, dont plusieurs étaient de Poole, à se relocaliser à Trinity, le site étant plus facile à défendre tout en offrant un grand espace à couvert. Trinity est passé d’un port de pêche à un centre de ravitaillement pour les pêcheries et la colonisation des alentours (selon The Story of Trinity, par le Dr Gordon Handcock, page 15).

En 1715, toute la région de Trinity Harbour, c’est-à-dire Trinity Proper, le bras Nord-Ouest (Trinity East), le bras Sud-Ouest (Goose Cove, Maggoty Cove et Fort Point) était habitée à l’année par une population de 115 personnes dont deux Juges de paix (Jacob Taverner et Frances Squibb) et, dès 1730, une église des Missionnaires d’Angleterre (avec le révérend Robert Kilpatrick, selon le CD NL Encyclopedia, Trinity). Cette implantation permanente a amené la population à formuler des attentes de services qu’elle était habituée de recevoir en Angleterre.

La fortification militaire de 1744 a été érigée pour protéger à la fois cette population grandissante et la croissance de l’activité commerciale qui s’y déroule. Cette activité est principalement reliée à la pêche mais elle permet aussi l’entrée d’autres denrées européennes. Le révérend Henry Jones note qu’en 1747, Trinity constitue… « un centre de commerce, non seulement pour la région elle-même mais pour toutes les installation portuaires au Nord d’ici » (selon Handcock, page 198). En 1800, la population locale compte 826 habitants dont 400 à Trinity Proper. Selon l’archéologue Roy Skanes qui a fait des recherches à Fort Point, bien que le projet de fortification ait été approuvé par les autorités maritimes britanniques, ces dernières ont probablement mis quelques années avant de le réaliser. Cette réalisation, initialement prévue pour un cantonnement de 52 hommes, a permis l’installation de 3 batteries d’artillerie avec 18 canons, un entrepôt, une poudrière, un baraquement pour 224 hommes et un pavillon pour 9 officiers. Le fort est alors constitué de tous ces bâtiments, de parapets, de palissades et d’un pas de tir d’infanterie (selon Handcock, page 17).

L’occupation française

Fort Point 1748Les relations entre l’Angleterre et la France, à propos de Terre-Neuve, ont souvent été tendues entre 1662 et 1904, à cause d’un état de guerre entre eux durant de longues périodes. Il y a quand même eu des trêves et même des allégeances communes face à des ennemis communs. Durant la première partie de cette période, le gouverneur français était installé à Placentia (dans des fortifications construites par la France), en raison de sa domination de tout le territoire de l’est du Canada acquis de droit, suite à la découverte du territoire. L’Angleterre dominait le reste du territoire de Terre-Neuve en vertu du même droit de découverte. La France maintenait une attitude agressive envers les établissements situés entre Cape Race et Cape Bonavista. Certaines sources allèguent qu’il y a eu des fortifications à Admiral’s Point et Gun Hill dès 1706, ce que disputent d’autres sources (selon Hunt, page 7). Un document daté de 1748 fait état de fortifications à Admiral’s Point disposant d’une artillerie de vingt-deux canons organisés en trois groupes dont 3 visant le flanc des navires dans les passes marines, 15 pointés vers le large et 4 dirigés vers la zone d’amarrage de Savage Cove (selon Hunt, pages 47-48).

Trinity a été capturée et mise à sac à deux reprises par la France avant 1762. La région était cependant moins convoitée durant cette période. Au début d’avril 1697, les forces françaises brûlent deux établissements côtiers de la baie, elles capturent 6 hommes dans l’un d’eux et la population restante prend fuite. En 1705, sous les ordres de l’officier De Montigny, basé à Placentia, le hameau est à nouveau attaqué et brûlé (selon Handcock, page 61). Cette seconde attaque est très malvenue pour les marchands et commerçants de Terre-Neuve qui ont réclamé la fortification de Trinity Harbour entre 1702 et 1705. Ce sont peut-être ces actes successifs de destruction du port et de sa population qui ont influencé la construction subséquente (selon Hancock, page 61).

Fort Point 1762Une nouvelle occupation française se produit en 1762, lorsque l’Amiral de Tierny pénètre dans le port avec sa flotte (selon Hunt, page 49). Au début de la Guerre de sept ans, le fort est dans un état de dégradation car il n’a pas été entretenu par l’Angleterre en période de paix (toujours selon Hunt, page 49). Ce sont les marchands et la population locale qui contribuent à restaurer la fortification en fournissant de grosses pièces de bois d’œuvre (150 pièces d’appontement) et de la main-d’œuvre (21 hommes) pour la construction de 1150 palissades. Les principaux marchands et agents qui ont participé à cette restauration ont été : Joseph White (agent Thomas Clark), Devonshire, Reeves and Webb (agent capitaine Thomas Webb), Benjamin Lester, John Hobb (agent), Robert Hutching (agent), le capitaine John Lemon. Parmi la population, les principaux participants sont John Sweet, Thomas Warden, Thomas Lambert et Benjamin Taverner (selon Handcock, pages 17-18). L’approche des Français avait été signalée depuis St John’s, site lui-même pris par les Français et c’est une population fortement diminuée qui est demeurée à Trinity. La majorité des familles prend refuge dans de plus petites baies, si ce n’est dans l’arrière-pays (selon Hunt, page 49). De plus, malgré des travaux de restauration exécutés avant la Guerre de sept ans, plusieurs des résidents ont refusé de prendre les armes pour défende une position abandonnée par les Anglais durant les années précédentes (selon Handcock, page 16). À l’arrivée des forces françaises, il semble que seulement un officier et 18 hommes étaient sur place (selon THS Vertical Files – 1.84, *L de Vau, …2) et il semble que la reddition ait eu lieu sans échange de coup de feu (selon Hunt, page 49). Quelques officiels en poste au fort ont tenté d’en organiser la défense mais les résidents n’ont pas voulu participer, jugeant que c’était au-delà de leurs obligations (selon Hancock, page 16). Certains argumentent qu’il en aurait été différemment si cette tentative s’était produite durant les années précédentes, lorsque le fort disposait d’une garnison. Le fort ne serait probablement pas tombé aux mains des Français (selon Hunt, page 49). Quoiqu’il en soit, durant cette occupation, 50 hommes et entre 50 et 200 soldats français ont mis pied à terre (selon certains registres de commerces ou d’habitations). Les autres membres de la force française sont demeurés sur les vaisseaux. Au total, ce commandement sous les ordres du Chevalier de LaMotte Vauvert était composé de 250 à 300 hommes (selon Handcock, page 16). Les commerces ont été surveillés par les Français qui ont requis les services de Benjamin Lester pour se procurer de la nourriture et d’autres denrées. Benjamin Lester occupait durant cette période la position de Chef magistrat, ce qui lui conférait une grande influence. Son statut politique et son pouvoir de négocier des échanges le plaçait en situation d’agent de liaison et aussi en situation d’otage (selon Handcock, pages 16-17). L’Amiral de Tierny a donné l’ordre de détruire les canons et les fortifications à Admiral’s Point. Cette destruction peut cependant être considérée comme limitée, possiblement à cause de l’attitude bienveillante de Lester qui aura à ce moment permis d’épargner le village (selon Hunt).

Il est raconté qu’à l’arrivée des Français à Trinity Harbour, Lester, marchand anglais mais également homme de culture, a invité de Tierny à diner chez-lui. Les qualités du vin et des divertissements n’ont certes pas échappés à l’Amiral français. Selon le chroniqueur Hunt, Lester n’a pas lésiné sur « la mélasse et le vin » pour s’attirer les bonnes grâces de son invité. À la fois hôte et otage, Lester a su tirer profit de cette proximité, malgré l’ambiguïté de la situation. Lorsque de Tierny a voulu visiter village pour se faire une idée du butin qu’il pourrait en tirer, il a assuré son hôte qu’il ne détruirait pas ses propriétés. L’Amiral fut ensuite informé, par un subalterne du même Lester que dans les faits, presque tout dans ce village était sa propriété. Sur la base de la parole donnée, aucune propriété n’a été détruite. Si certaines d’entre elles l’avaient été, leur proximité aurait probablement provoqué un brasier qui aurait tout consumé. Le village doit donc son salut à Lester (selon Hunt).

Une autre histoire circule à propos d’échanges entre l’Amiral français et Lester, une rumeur relativement à une vache. L’Amiral a reçu du bétail de Lester et, apparemment, une vache du lot aurait été considérée par la famille de Lester comme animal de compagnie. De ce fait, la vache aurait donc été rendue à la famille. Lester écrit pourtant dans son livre de bord que l’animal aurait été refusé par les français à cause de sa maigreur et de son mauvais état (selon Handcock, page 17).

Plus sérieusement, Lester a fourni les forgerons utilisés lors de la destruction du fort, notamment pour briser des canons, en détruire d’autres et vider les entrepôts (selon Hunt). Les bâtiments du fort ont été incendiés et les forces françaises ont quitté les lieux pour retourner au port de St John’s parce qu’un corps expéditionnaire anglais naviguait dans cette direction pour le reprendre.

Selon certaines recherches, ces invasions de Terre-Neuve sont survenues à cause des pertes subies par la France dans tout l’est du Canada, un peu auparavant. Comme les forces françaises se savaient battues, la prise de ports importants de Terre-Neuve étaient une tentative d’acquérir des éléments à soumettre à la négociation lors d’éventuels pourparlers de paix. D’autres affirment plus simplement que cela avait pour but d’irriter les forces britanniques et perturber le commerce à Terre-Neuve et ailleurs (selon Hunt).

Les Français sont parvenus à s’emparer des quatre principaux ports de Terre-Neuve : St John’s, Carbonear, Harbour Grace et Trinity. Les trois premiers avaient bénéficié de bonnes fortifications et de bonnes garnisons, mais ils ont été progressivement négligés par l’Angleterre qui n’y a posté que peu de troupes, les forçant pour tenir, à compter sur la coopération des citoyens et des villages (selon Hunt).

Trinity a été ciblé en raison de son emplacement, propice à la défense de la force qui l’occupe et de son importance stratégique comme centre de commerce. Certains avancent que les Français auraient souhaité contrôler la situation jusqu’au printemps parce ce qu’initialement, ils ne pensaient pas que les Britanniques allaient réagir aussi vite. La rapidité de la réplique a mis fin à toute capacité française de rester maître des places fortes, de contrôler le commerce, de causer de sérieux problèmes aux forces anglaises dans les autres ports et de perturber les échanges avec l’Angleterre

1812 - Fort Nicholas et la milice dite LTVR

En 1812, un rapport du corps de génie Royal Engineers fournit une mise à jour à propos des fortifications dans la colonie. En 1813, deux officiers de la marine royale, le capitaine David Buchan du Navire de sa Majesté Adonis et le capitaine William Bellamey du Comet, établissent un système de signalisation qui s’opérationnalise à partir des bases de Skerwink Head, English Head, Horse Chops, Old Perlican, Salvage Head et Gun Hill. Ce système a pour but d’avertir les différentes stations portuaires de l’approche d’un ennemi ou de tout vaisseau qui semble hostile. Durant cette période, il y a rétablissement d’une fortification mineure à Fort Point. Il s’agit d’un don de deux marchands importants à ce moment, Slades and Garland, qui fournissent des canons (selon Handcock, pages 17-18). Des menuisiers, à l’emploi de la firme Slade and Kelson, construisent les affûts de canon en usage en 1812 qu’ils disposent en 5 pièces, 3 canons de neuf livres et 2 de vingt-quatre livres (selon Handcock, dans Merchant Families and Entrepreneurs, page 128).

En 1820, cette fortification est rebâtie ou du moins réparée et une milice locale est créée pour contrer la possibilité d’une attaque. L’on redoutait que des corsaires américains s’activent près des côtes de Terre-Neuve, comme en témoignent les descriptions tirées de livres de bord de navires capturés par ces corsaires. L’on craignait de plus qu’ils s’emploient à capturer les ports. Hunt signale dans ses écrits la présence de corsaires en activités durant la révolution américaine, de 1775 à 1783. L’instigation de la milice Loyal Trinity Volunteer Rangers, sous l’acronyme L.T.V.R. est placée sous les ordres de William Kelson, agent de la firme Slade & Kelson. Ce dernier s’occupe de la section d’artillerie tandis que Frederick Jenkins assure la direction du groupe d’infanterie. La milice est armée par le gouvernement britannique bien que plusieurs firmes ont fourni de la main-d’œuvre et des canons. Ces efforts conjugués pour rebâtir et occuper ces fortifications visent à empêcher toute nouvelle invasion. Ce groupe assure une surveillance continuelle à partir de la pointe pour détecter toute approche ennemie (selon Handcock, page 18). Les personnes formant cette milice ne sont cependant pas les seules affectées à la surveillance du fort en septembre 1812. Une escadre du corps British Marines patrouille dans les parages et se joint à plusieurs reprises à des parades avec le L.T.V.R. (toujours selon Handcock, dans Merchant Families and Entrepreneurs, page 128). Cette troisième installation, placée sous le contrôle du capitaine J.T. Nicholas, du navire Egeria, prend comme toponyme le nom de cet officier.

Il existe des anecdotes amusantes à propos de ce fort et de la présence des hommes du L.T.V.R. À un certain moment, un navire s’approche sans hisser son pavillon (le drapeau par lequel on peut identifier le vaisseau et son pays d’attache). Kelson fait ouvrir le feu. La première salve frappe le navire qui en perd un mât. Le capitaine s’empresse alors de montrer ses couleurs, avant la seconde salve. Il flotte non seulement pavillon Union Jack, il appartient à la firme Robert Slade & Co, l’employeur de Kelson (selon Handcock, dans Merchant Families and Entrepreneurs, page 128-129). William Kelson étaient alors l’agent principal de cette firme à Trinity, qui était également connue sous le nom de Slade & Kelson. (Handcock, 18).

À un autre moment, deux jeunes personnes entreprennent de traverser la baie pendant que la communauté assiste aux offices du dimanche, à l’église. L’un d’eux parvient à distraire l’homme de guet tandis que l’autre fait retentir un coup de canon. À ce signal, tous les membres de la congrégation sont alarmés, notamment William Kelson, leur leader qui s’écrit : « Aux armes, aux armes, l’ennemi est à nos portes! » Ils sortent de l’église dans un état de panique (selon Handcock, page 18).

William Kelson a tenu un livre de bord à titre de marchand de la firme Slade & Kelson, et nous lui devons les citations suivantes, sur le travail à Fort Point..  

Livre de bord, Slade & Kelson, 1812

Dimanche, 9 août – Environ 30 hommes se sont enrôlés pour servir à la batterie d’artillerie à la position Sud, lorsque requis.

Lundi, 10 août – Environ 20 hommes se rencontrent et s’enrôlent pour servir dans la milice – les goélettes Mary et Cosmopolite arrivent chargées de poissons – un canon de neuf livres et trois affûts sont retirés du quai de M. Garland pour être placés sur le haut de la colline au Sud.

Lundi, 20 juillet – Le navire Active est encore à quai, le Galloper navigue le bras de mer pour …? – Rencontre tenue à la maison pour aborder …?

Mardi, 21 uillet – A navigué le brigantin Amy, Bloomfield (?) à destination de Barrow Harbour in Bonavista Bay sous un bon vent de l’ouest – Sont arrivées les goélettes Mary et Mayflower depuis St Johns – début du démantèlement d’une batterie du côté Sud de Fort Point – Sous la direction de W. Kelson, H. Jenkins, Wm Butt, Richd Ash & Jasn Gover font parti du comité mentionné précédemment.

Samedi, 25 juillet 1812 – Mât de drapeau érigé du côté Sud de Fort Point. Temps maussade avec des vents du sud-ouest – peu de prises de poisson – un des bateaux de M. Garland arrive de St Johns.

Mardi, 8 septembre 1812 – Les Marines paradent sur Fort Point et une partie des L.T.V.R. les rejoignent. Cargaison de poissons envoyée sur le Gannet par beau temps.

Dimanche, 25 octobre 1812 – Ciel nuageux, salves de canons et de mousquets au fort pour célébrer le jour du couronnement du Roi.

Pour en lire davantage sur le livre de bord de William Kelson, voir le lien www.trinitymerchants.com

       

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